THÉRÈSE ET LE VIVRE D’AMOUR
Ce cycle de trois expositions intitulé Vivre d’amour déroule sur neuf mois, du 21 juin 2009 au 20 mars 2010, trois temps essentiels de la vie de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.
Le premier temps est celui du Voile, le temps du retrait nécessaire du monde pour qui veut rencontrer le Dieu d’Amour là où il vit : au coeur de lui-même.
Le paradoxe du voile est celui de notre condition humaine éprouvée dans un monde d'où Dieu s’est apparemment retiré sous des voiles épais qu’il nous faut traverser un à un : nos corps, nos idées, nos doutes, nos peurs, nos ressentiments, nos rivalités, nos images, nos objets...
Ce paradoxe du voile, de l’apparent et du caché, du visible et de l’invisible, l’art et les artistes ont pour vocation de nous y introduire.
Le 21 juin, s’inspirant de Thérèse, les artistes de Grâce, Robert Empain et Saskia Weyts, font tomber une pluie de pétales de roses de la coupole de l'église de Minimes, un voile de fleurs à recueillir pour recevoir l’Esprit d’Amour à travers les signes les plus humbles. Ensuite, Robert Empain place un voile blanc transparent sur la statue de Thérèse, un voile qui, paradoxalement, nous la rend plus présente et ouvre nos coeurs à l’Enfant de Dieu qui doit naître en nous ; huit voiles en papiers de soie tissés des paroles de Thérèse nous confient les secrets spirituels de la Sainte et sa dévotion aux visages du Seigneur, en outre il projette dans le Baptistère une vidéo intitulée Mille grâces mille larmes de joie pour Sainte Thérèse, un film qu'il publie sur divers sites comme Croire.com, You Tube, Gloria TV et qui est visionné par des milliers de personne (voir lien ci dessous) ; Alain Cavalier se joint amicalement pour l'été au groupe Grâce et lève le voile du plus beau cinéma sur la «Petite voie» d’humilité de Thérèse et le psychanalyste Denis Vasse soulève celui de la toute petite enfance de Thérèse Martin dans un film de Michel Farin ; enfin les tableaux de Saskia Weyts dévoilent délicatement la Parole du Seigneur : « Laissez venir à moi les petits enfants.»

Le second temps ajoute au premier une oeuvre intitulée Face à de Dieu Face de l’Homme. Présentée dans le baptistère, cet ensemble de quarante visages christiques ouvre un temps de la dévotion pour la Sainte Face du Seigneur à laquelle Thérèse a voué sa vie.
La Passion du Christ est le mystère chrétien le plus profond pour les croyants et de plus difficile à saisir pour les incroyants. Comment comprendre en effet que Dieu qui serait le Créateur de tout ce qui est et tout ce qui vit, le Dieu Tout Puissant se soit fait homme et ait souffert ici-bas comme un paria, comme un misérable ? Pourquoi Dieu s'est-il laissé rejeter, arrêter, juger, condamner, torturer, clouer sur une croix, transpercer et tuer ? Et quel sens a sa Parole prononcée sur la croix : « Père ! Pourquoi m'as-tu abandonné ? » À toutes ces questions la Résurrection de Jésus est la réponse absolue, et sans elle le Christianisme ne serait pas ! La Toute Puissance du Tout-Puissant s’atteint et se dépasse elle-même dans la Toute Puissance de son humilité et de son amour. De même, seul le surpassement de notre volonté de puissance par une volonté d'humilité et d’amour est le Passage, la Pâques pour chacun de nous, comme le comprend dans son jeune coeur Thérèse. La Résurrection du Christ est celle de l'Homme, de toute l'Humanité, elle est la victoire de la Vie sur la mort, du oui sur le non, de la joie sur la souffrance et la peur, de l'Amour absolu sur la haine et le ressentiment, de la Vérité sur le mensonge et les illusions du monde, de la Lumière sur les Ténèbres.
Par sa Résurrection le Christ nous retourne sur nous-mêmes et avec nous le monde et le temps dans lesquels nous serions jetés pour la mort par un destin absurde et aveugle. Par lui notre être au monde est traversé de part en part et reconduit à sa Source oubliée : la Vie absolue qui seule peut se donner la Vie à elle-même, nous la donner et la rendre à ceux qui l'ont perdue et qui veulent la retrouver en s'abandonnant comme le Christ Jésus, corps, âme et esprit à la Vie, ici nommée Père par le Fils. Car la Vie veut vivre et non mourir ! Folie ! pour les sages et les savants. Mais pour les chrétiens, la folie est celle des vivants qui se croient nés pour le néant et la mort. Certes, comme le montre la brève vie de Thérèse, l’abandon de notre corps terrestre, l'abandon total de notre âme et notre esprit à la Vie, qui est la Foi même, nous font passer. Seulement ce passage n’est pas accordé aux négateurs qui vivront dans le monde créé par leur négation, à savoir l'Enfer, un monde où ils demanderont la mort sans pouvoir l’obtenir.

Le troisième temps de cette exposition Vivre d’amour commence avec la Fête de Noël, se prolonge jusqu’au printemps et s’intitule Naître de nouveau, selon la Parole de Jésus adressée à Nicodème et à chacun de nous en Jean 3,1-21 : « Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui.
Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est Esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.
Nicodème lui dit : Comment cela peut-il se faire ?
Jésus lui répondit : Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses ! En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes ? Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu.»
Jésus porte ici sa parole jusqu’à l’accomplissement de toute révélation : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.» Nous sommes introduits avec Nicodème au cœur du mystère du Salut. Et notre foi ouvre au mystère de la Trinité en même temps qu’elle ouvre le chemin de l’Espérance infinie : la vie éternelle dans la filiation divine. Confiance ! Allons à la rencontre du Seigneur, il fait encore et toujours le premier pas. Il est Amour et nous avons à devenir fils et filles de Dieu. Vivre en enfants de Dieu, tout est là ! Redevenir enfant est la condition absolue pour avoir accès au Royaume. Redevenir des enfants spirituellement c’est la mystique de Thérèse de l’Enfant Jésus : « être dans les mains de Dieu comme un tout petit enfant » une « petite voie », mais le secret de toute vie spirituelle.
Trois nouvelles Grâces
Une première Grâce vidéo, placée près la Crèche pendant le période de Noël et ensuite près de la Vierge Marie, projette sur le corps et le coeur de celui qui s'approche l’image animée d’un nouveau né. Cette oeuvre veut nous rappeler notre vocation de Fils, d'Enfant de Dieu, qui ne peut naître que dans notre coeur par un chemin de conversions, de mutations intérieures.

La seconde Grâce projette dans la coupole de l'église de simples fleurs des champs. Cette Grâce renvoie vers le Ciel la pluie de roses faite 6 mois plus tôt, le 21 juin à 21 heures, au même endroit, en hommage à Sainte Thérèse. Elle traduit aussi la respiration lumineuse des solstices qui sont eux aussi à accomplir au dedans de nous comme autant de descentes et de montées de l'Esprit Vivant dans nos âmes.
Au sujet des fleurs Thérèse écrit : « Jésus a daigné m'instruire de ce mystère. Il m'a mis devant les yeux le livre de la nature ... et j'ai compris que que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes..
Ainsi en est-il dans le monde des âmes qui est le jardin de Jésus. Il a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et aux roses, mais il en a aussi créés de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d'être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu'il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu'il veut que nous soyons ... J'ai compris que l'amour de Notre Seigneur se révèle aussi bien dans l'âme la plus simple qui ne résiste en rien à sa grâce que dans l'âme la plus sublime. En effet le propre de l'amour étant de s'abaisser, si toutes les âmes ressemblaient à celles des Saints Docteurs qui ont illuminés l'Église par la clarté de leur doctrine, il semble que le bon Dieu ne descendrait pas assez bas en venant jusqu'à leur coeur, mais il a créé l'enfant qui ne sait rien et ne fait entendre que de faibles cris. Il a créé le pauvre sauvage n'ayant pour se conduire que la loi naturelle et c'est jusqu'à leur coeur qu'il daigne s'abaisser, ce sont là les fleurs des champs dont la simplicité le ravit ... En descendant ainsi, le bon Dieu montre sa grandeur infinie. De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle était seule sur terre, de même Notre Seigneur s'occupe aussi particulièrement de chaque âme que si elle n'avait pas de semblables et comme dans la nature toutes les saisons sont arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble pâquerette, de même tout correspond au lieu de chaque âme.»

La troisième Grâce projette sur un mur de l’église un geste quotidien et vital : le pétrissage du pain.
Le pain eucharistique est la Chair vivante du Christ donnée pour nous et redonnée à chaque célébration, il est aussi le symbole de nos âmes vivantes et matricielles dans lesquelles nous avons à faire naître et croître en nous le Germe du Fils divin et cela par la grâce d’un Naître dans l'amour. Grâce
Illustrations : Installation Visage du Christ voilé par une mantille en dentelle ; Photographie d’une statue de Thérèse en Berry ; Mille grâces pour Sainte Thérèse, vidéo projetée cet été et publié sur YouTube ; autres images extraites de mes Grâces vidéos


