« Antonio Gaudì voulait porter l’Evangile à tout le peuple. C’est pourquoi il a conçu les trois portiques extérieurs comme une catéchèse sur Jésus-Christ, comme un grand rosaire, qui est la prière des simples ». C’est en ces termes que le Pape a encore une fois évoqué l’histoire de l’église de la Sagrada Familia, juste après sa consécration et avant l’Angélus récité à la porte de la Nativité. Cette église, qui vient d’être élevée au rang de « basilique mineure », a été transformée par Gaudi en une « louange à Dieu faite de pierre », dont les protagonistes étaient les personnes les plus humbles et les plus simples », a dit le Pape avant de rappeler que « dans le silence de la maison de Nazareth, Jésus nous a enseigné que toute l’Église, en écoutant et mettant en pratique sa Parole, se transforme en sa Famille ».
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| Barcelonne, la Basilique de la Sainte Famille, de Gaudi |
Gaudí est généralement considéré comme le grand maître du Modernisme catalan mais son œuvre va au-delà d'un quelconque style ou de toute tentative de classification. C'est une œuvre personnelle et imaginative, qui trouve sa source principale d'inspiration dans la nature. Gaudí a étudié en profondeur les formes organiques et anarchiquement géométriques de la nature, à la recherche d'un langage pour pouvoir refléter ces formes dans l'architecture. Quelques-unes de ses inspirations majeures viennent de la montagne de Montserrat, des grottes de Majorque, des grottes du Salnitre Collbato, les rochers escarpés de Fra Guerau, dans la Montagne de Prades, près de Reus, la Montagne de Pareis, au nord de Majorque, ou encore Sant Miquel del Fai, à Bigues i Reis, autant de lieux visités par Gaudí.
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| La Basilique de la Sainte Famille |
Avec tous ces éléments, Gaudí est passé de la géométrie plane à la géométrie dans l'espace, la géométrie réglée. En outre, ces formes constructives s'accordaient bien avec un type de construction simple, avec des matériaux peu onéreux comme la brique : Gaudí l'a utilisée très fréquemment, jointe au mortier en couches superposées, comme dans la voûte cloisonnée catalane traditionnelle. Cette recherche de nouvelles solutions structurales a atteint son apogée entre les années 1910 et les années 1920, lorsqu'il a expérimenté la mise en pratique de toutes ses recherches dans son œuvre maîtresse : la Sagrada Familia. Gaudí a conçu ledit temple comme si la structure était celle d'une forêt avec un ensemble de colonnes arborescentes divisées en plusieurs branches pour soutenir une structure de voûtes d'hyperboloïdes entrelacées. Il a incliné les colonnes, pour mieux supporter les pressions perpendiculaires à leur section ; en outre, il leur a donné une forme hélicoïdale à double hélice, comme dans les branches et les troncs d'arbres. Cette ramification crée une structure aujourd'hui nommée fractale ; qui, conjointement avec la modulation de l'espace, divisé en petits modules indépendants et autoportants, crée une structure tolérant parfaitement les efforts mécaniques de compression, sans la nécessité d'utiliser des contreforts comme le requérait le style gothique. De cette manière, Gaudí est parvenu à une solution rationnelle et structurée, parfaitement logique car inspirée de la nature, créant en même temps un nouveau style architectonique, original et simple, pratique et esthétique.
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| La Sainte Famille |
Cette vision organique de l'architecture est complétée chez Gaudí par une vision spatiale singulière, qui lui permettait de concevoir ses projets architecturaux sous une forme tridimensionnelle, contrairement à la bi-dimensionnalité du dessin sur plan de l'architecture traditionnelle. Gaudí disait qu'il avait acquis ce sens spécial quand il était enfant, en regardant les dessins que faisait son père pour les chaudrons et les alambics qu'il fabriquait. En raison de cette conception spatiale, Gaudí a toujours préféré travailler sur des moulages et des maquettes allant parfois jusqu'à improviser sur le terrain à mesure que l'œuvre avançait. Réticent à dessiner des plans, il a, en de rares occasions, réalisé des croquis de ses œuvres, mais seulement quand les instances officielles le réclamaient.
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| Maquette polyfuniculaire pour l'église de la Colonia Güell, Musée de la Sagrada Família |
L'une de ses nombreuses innovations sur le terrain technique est l'utilisation d'une maquette pour le calcul de structures : pour l'église de la Colonia Güell, il avait construit dans un abri près du chantier une maquette à grande échelle (1:10), de quatre mètres de haut, où il avait installé un montage de ficelles, d'où pendaient des petits sacs remplis de plombs de chasse. Sur un plateau de bois fixé au toit, il avait dessiné le plan de l'église et, aux points de soutien de l'édifice (colonnes, intersections de murs), il avait accroché les ficelles (pour les funiculaires) avec les sacs de plombs (pour les charges) : ainsi suspendues, elles donnaient la courbe caténaire résultante, arcs et voûtes. Il en avait fait une photographie qui, une fois inversée, donnait la structure des colonnes et arcs que Gaudí cherchait. Sur ces photographies, Gaudí peignait, à la gouache ou au pastel, le contour déjà défini de l'église, notant jusqu'au dernier détail de l'édifice, tant architectonique que stylistique ou décoratif.
Textes : Benoît XXVI, Le Jour du Seigneur , Wikipédia
Vidéo : Le Jour du Seigneur




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