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| Hangar dans la Vienne 1- 2011 |
La lumière sauve tout. Elle parvient, aux heures du matin et du soir surtout, à rendre belles les horreurs de notre monde dévasté par nos folies techniques : usines, voies ferrées, dépotoirs, tours, pilonnes, autoroutes, hangars, ports, ponts, raffineries, centrales électriques... Toutes nos laideurs se trouvent alors miraculeusement sauvées et pour un moment élevées à la beauté sublime de la lumière solaire qu'il nous faut regarder en vérité comme la face visible de l’Amour de Dieu à notre égard, nous les vivants.
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| Hangar dans la Vienne 2 - 2011 |
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| Hangar dans la Vienne 3 - 2011 |
Dans un registre proche, nous voyons ces derniers temps (1) une volonté récurrente des artistes de faire entrer des traces de cette dévastation dans les Musées. Faut-il y voir une tentative de plus de dévaster le musée lui-même ? De le tourner en dérision en exacerbant ce qu’il est dors et déjà devenu : le lieu d’exhibition de notre culture dévastée ? Ce serait sous estimer la responsabilité du Musée lui-même dans la dévastation d’une culture qu’il est censé propager, le Musée défait n’hésitant pas à exhiber sa dérision, sa destruction, sa négation et le néant lui même. Comment ?
Tout simplement en présentant les oeuvres d’art de tous les temps comme des produits pour le tourisme culturel, comme des produits spectaculaires historico-marchands ! Aucun artiste, septante ans après Marcel Duchamp, ne peut feindre d'ignorer cette réalité paradoxale.
Texte : Robert Empain - extrait des carnets de 1988 (1)
Photographies : Robert Empain septembre 2011
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