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| Croix aux échelles, Cathédrale d'Agrigente, Sicile, 2009 |
L'hébreu conduit au Verbe divin écrit Annick de Souzenelle (1). Sur le chemin, de l'image au Modèle, soixante-dix-sept niveaux de lecture peuvent s'ouvrir disent les Hébreux pour lesquels le nombre sept conduit à l'Infini. Mais on peut parler encore de quatre niveaux de lecture selon les quatre lettres du mot Pardès - פררס - qui signifie Paradis ou Science divine.
Le premier niveau est le simple - Peshat -, celui de nos traductions qui ont arrêté le Verbe à une intelligence du texte où les contradictions sont irréductibles et où le message reste incompris. Il nous faut revenir à la source pour retrouver le chemin des profondeurs et faire «oeuvre mâle» en nous , en notre « autre côté », féminin, inconnu, inaccompli...
Le deuxième niveau - Remez - palpite derrière le premier ; il nous conduit et nous élève au niveau des archétypes. Ce qui rampe, tel le serpent qui mange la poussière, peut se redresser, se verticaliser et devenir Arbre de Vie.
Le troisième niveau - Dârash - exige la rencontre de l'Homme avec son Nom. Il s'échelonne sur tous les plans de sa verticalisation comme l'échelle de Jacob qui repose sur la terre Peshat-Remez et dresse tout ses échelons dans le Dârash.
Cette montée dans la lumière est à chaque échelon une nouvelle intelligence des Écritures et se fera dans la mesure où l'Homme sera descendu dans ses propres ténèbres pour les épouser. Ce niveau est atteint non pas par une intelligence intellectuelle mais par celle du coeur circoncis d'où sourd la lumière d'une Intelligence neuve.
Le quatrième niveau - Sod - est celui du secret, celui du mystère du Verbe placé au sommet infini de l'échelle qui n'est atteint que par la croix. La Bible hébraïque et le Christ, Verbe incarné, sont les gardiens de ce secret.
L'hébreu conduit au Verbe, YHWH, Je Suis en devenir. Les lettres de son alphabet sont des énergies crées, icônes des Énergies divines incréées. Le jeu des figures qu'elles forment est un jeu divin, mobile et rigoureux comme celui d'un ballet dont le maître reste caché dans le secret.
Le poète tend vers une même expérience dans le livre de la nature, autre Bible, autre icône du Verbe à laquelle toutes les traditions puissent. Chacun peut se mettre à l'écoute du Verbe. "... à celui qui peut vous affermir... Selon la révélation du mystère qui, tenu secret de toute éternité, est maintenant dévoilé.» Paul. Romains XVI, 25
(1) voir L'Alliance de feu, traduction de la Genèse et autres livres de Annick de Souzenelle
Texte : extrait du Carnet 2007 de Robert Empain
Image : photographie 2008, idem
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