vendredi 17 février 2012

Est artiste celui qui s'abandonne au Ciel


 Béatitudes, Matthieu 5 - Actions de Grâce Paroles inouïes
Il n’est d’art que religieux, ce qui ne signifie pas « sacerdotal » mais « témoignant d’un rapport radical au Ciel ». Tout le reste n’est qu’ornementation. Le rapport au Ciel se repère dans l’inconsistante (dé-consistante) et insistante nostalgie, qui voit ou ouvre brèche dans la consistance de la Censure : l’épreuve de l’absence où advient une promesse de présence. Ce thème a déjà été développé, je n’y reviens pas. Il est l’initial de ce qu’on nomme la Foi. L’oeuvre d’art, et singulièrement l’oeuvre de génie (qui marque un degré supérieur de clairvoyance nostalgique), est en tant que telle une vision de ou dans la brèche. De là, un seul critère : est un artiste celui qui vit de, dans et pour la promesse du Ciel. Or le terme d’artiste est trop fortement connoté ; il exclut à tort des créateurs tels certains philosophes et englobe, à tort également, des artisans de plus ou moins bon aloi. Pour la clarté, je propose donc que ceux qui vivent dans ce que j’ai appelé la promesse et donc l’espérance du Ciel (une espérance déjà décrite comme hors calcul et même hors espoir) soient nommés ici les Ouvreurs, c’est-à-dire les Ouvriers de l’Ouvert, ceux qui oeuvrent à et dans l’Ouvert, ceux qui dé-cèlent, ceux qui se disposent à l’advenir, ceux qui s’abandonnent le plus authentiquement au Ciel.
Texte : Thierry Berlanda, philosophe, publié sur CommaC Production, où il jette les bases de sa philsophie nostalgique dont on peut lire un large extrait ici mêmeIllustration : assemblage, texte des Béatitudes peint à huile sur un ruban de toile et tambourin en peau, par Robert Empain. 2011